Le procureur requalifie l’accusation et Habib Kazdaghli risque gros le 25 octobre prochain ?

Le doyen de la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba ( proche de la capitale Tunis ), Habib Kazdaghli a comparu ce jeudi  , en justice pour une agression présumée d’une étudiante portant le niqab.

Le procès qui s’est ouvert au tribunal de première instance de la Manouba suite à la plainte d’une étudiante prétendant avoir été giflée par le doyen a été reporté au 25 octobre 2012.Le procureur a requalifié les faits reprochés à Kazdaghli .Poursuivi dans un premier temps pour une agression sans gravité, le doyen encourait 15 jours de prison. Mais à la surprise générale le procureur a requalifié les faits ce matin en acte de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions, un crime passible de cinq ans de prison.

 La prochaine audience fixée au 25 octobre .

Le doyen qui rejette toutes ces accusations et s’estime au contraire la victime d’une agression, a dénoncé un procès visant l’université, la « modernité et le « savoir ».

Entouré de centaines de partisans dont plusieurs universitaires et membres de la société civile ,le doyen a déclaré devant le tribunal « Ceux qui m’ont traîné ici aujourd’hui sont les mêmes qui s’attaquent aux libertés et au drapeau national »,en référence aux islamistes extrémistes.

« Cette histoire est un prétexte pour (défendre) un autre projet de société, celui de séparer les filles et les garçons à l’université. Ce n’est pas un projet de modernité. Aujourd’hui, c’est le procès de l’université, notre pont vers le le monde et le progrès », a-t-il ajouté.

Des centaines de manifestants ont crié des slogans de soutien au doyen et à la « liberté ». Plusieurs dizaines ont ensuite chanté l’hymne national en entrant dans le tribunal.( photo voir lien )

Les faits pour lesquels le doyen est jugé remontent au mois de mars, lorsque deux étudiantes portant le voile intégral ont mis a sac son bureau ( voir vidéo sur lien ), selon lui. L’une d’entre elles, qui avait été exclue de la faculté pour avoir porté le voile intégral en salle de cours, accuse l’universitaire de l’avoir giflée.

Un bras de fer oppose depuis novembre 2011 cette faculté de près de 13.000 étudiants aux islamistes. Il a été enclenché le 28 novembre avec un sit-in d’étudiants et de salafistes réclamant l’accès en cours et aux examens des étudiantes en niqab.

Le conseil scientifique de la faculté a tranché et a refusé cette demande .Depuis les problèmes ont perturbé la marche de cet établissement