La France rapatrie douze enfants de djihadistes

Orphelins pour la plupart, ces mineurs se trouvaient dans des camps de déplacés au Kurdistan syrien. L’avion militaire les transportant a atterri lundi matin à l’aéroport de Villacoublay, près de Paris.

La France a rapatrié ce lundi matin douze enfants de djihadistes français. Le plus âgé a 10 ans. Ils sont isolés et particulièrement vulnérables. Certains sont malades et dénutris. La plupart son orphelins.

Ils étaient détenus à Al hol et Roj, dans le nord-est de la Syrie, dans des camps surpeuplés administrés par les forces kurdes, qui accueillent aujourd’hui quelque 12.000 étrangers, dont 4.000 femmes et 8.000 enfants de djihadistes.

En mars déjà, 5 orphelins et une fillette dont la mère a été condamnée à la perpétuité en Irak ont été rapatriés en France. Le quai d’Orsay a laissé entendre qu’une troisième opération pourrait avoir lieu « dans le futur ».

La France reste réticente à rapatrier et à juger ses ressortissants liés à l’organisation terroriste Daech. Fin mai, le Défenseur des droits a sommé le gouvernement français de venir en aide aux enfants retenus en Syrie. Paris affirme étudier les situations « au cas par cas ».

Deux enfants Néerlandais ont été également été remis aux Pays-Bas ce lundi.

Selon le Quai d’Orsay, environ 450 ressortissants français affiliés au groupe terroriste Daech sont détenus en prison ou retenus dans des camps syriens.

Le journaliste kurde, Arin Chikhos a affirmé à l’agence russe Sputnik que le  » le dialogue entre la France et les autorités autonomes kurdes sur le devenir de ces djihadistes, qu’ils soient d’ailleurs français ou non, les Kurdes comptent beaucoup sur l’aide de la France pour que le tribunal international qui serait chargé de les juger soit établi sur le territoire autonome kurde, conformément à ce qu’a annoncé la ministre française de la Justice dernièrement».

En effet, la ministre de la justice Nicole Belloubet a récemment évoqué la mise en place d’un tribunal spécial pour juger les djihadistes étrangers

«Nous sommes en train de réfléchir à une hypothèse, car pour le moment ce n’est qu’une hypothèse, d’un tribunal qui pourrait être élaboré de manière spéciale pour juger les personnes qui se sont rendues en Irak pour aller sur les terrains de combat», a-t-elle exposé.
Jean-Yves Le Drian avait déclaré, pour sa part, que seuls les enfants étaient susceptibles d’être rapatriés en France s’ils étaient orphelins ou si leur mère donnait son accord, Paris s’opposant au retour des hommes considérés comme des combattants et des épouses.