Jérusalem occupée : un officiel saoudien exprime son soutien à la décision de Trump

hakim leche botte saoudienUn universitaire saoudien a défendu la décision controversée des Etats-Unis de reconnaître El-Qods occupée comme capitale d’Israël et appelé les Arabes à «accepter» les revendications israéliennes sur la ville sainte occupée.

Un officiel saoudien vient d’exprimer son soutien à la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem occupé en tant que capitale d’Israël, appelant les Arabes à reconnaître le caractère sacré de la ville pour les Juifs.
Abdulhameed Hakeem, directeur du Centre d’études stratégiques et juridiques du Moyen-Orient à Jedda, a déclaré à la chaîne de télévision américaine « Alhurra » samedi dernier que la décision de Trump – qui a déclenché des protestations dans le monde musulman du Maroc en passant par la Tunisie jusqu’à l’Indonésie – constitue un « choc positif » pour le processus de Paix.

« Nous, les Arabes, devons nous entendre avec l’autre partie et savoir quelles sont leurs exigences, afin que nous puissions réussir dans les négociations de paix », a déclaré M. Hakeem. « Nous devons reconnaître et réaliser que Jérusalem est un symbole religieux pour les Juifs et sacré pour eux, comme La Mecque et Médine l’est pour les musulmans. »

Hakeem – qui dans un article de mars pour l’Institut de Washington pour le Proche-Orient soulignait qu’Israël et l’Arabie Saoudite faisaient face à une menace similaire aux nazis en Iran – a déclaré que « l’esprit arabe doit se libérer de l’héritage de l’ancien président égyptien Gamal Abdul-Nasser, et l’héritage des sectes sunnites et chiites, qui a inculqué aux intérêts politiques la culture de la haine des Juifs et le déni de leur droit historique dans la région. «

Le site Internet Al-Araby al-Jadeed basé à Londres a rapporté que les commentaires de Hakeem ont déclenché la colère sur les médias sociaux. Un utilisateur, A. Elmhay, a écrit: « Les Arabes sionistes sont un plus grand danger que les sionistes eux-mêmes ».

L’Arabie Saoudite a officiellement qualifié l’annonce de Trump d’«injustifiée» et d’«irresponsable». Les observateurs font toutefois remarquer que Riyad a été plus timide que d’habitude dans sa réaction. Le roi Salman n’a d’ailleurs même pas assisté au Sommet extraordinaire de l’Organisation de la conférence islamique qui s’est tenu mercredi dernier à Istanbul et dont l’ordre du jour était justement de condamner la décision du Président américain et de préparer une riposte politique collective contre Washington.

Le constat a amené de nombreux observateurs à accréditer la thèse qui a circulé ces derniers jours et qui soutient que l’Arabie Saoudite a effectivement décidé de tourner le dos aux Palestiniens et au troisième lieu saint de l’islam, El-Qods.

Les déclarations de M. Hakeem sont intervenues après que le ministre israélien des Infrastructures, de l’Energie et de l’Eau, Yuval Steinitz, ait révélé au début du mois l’existence de contacts clandestins israélo-saoudiens. Le site saoudien Elaph, quant à lui, a brisé un tabou en publiant des interviews avec le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général. Gadi Eisenkot et le ministre des Transports, Israel Katz.

La semaine dernière, une délégation du Bahreïn a effectué une visite sans précédent à Jérusalem en tant qu’invités du Centre Simon Wiesenthal, qui organise en retour un voyage dans le royaume du Golfe pour une délégation israélienne le mois prochain.