Erdogan tient à ce que l’OTAN qualifie la milice kurde des YPG de «terroriste»

Le président turc a assuré qu’il s’opposerait au plan de l’OTAN, visant à renforcer, sous prétexte de menace russe, les défenses des pays baltes et de la Pologne, tant que l’alliance ne qualifiera pas la milice kurde des YPG de «terroriste».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu, ce 3 décembre, qu’il continuerait de bloquer un plan de l’OTAN visant à renforcer les défenses des pays baltes et de la Pologne face à une prétendue menace russe, tant que l’Alliance atlantique ne reconnaîtra pas comme «terroriste» la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) combattue par Ankara. Selon la presse turque, Ankara a mis son veto à ce plan en réaction au blocage d’un texte décrivant la milice YPG comme une «menace».

Cette question risque d’être au cœur des discussions ces 3 et 4 décembre lors du sommet du 70e anniversaire de l’OTAN près de Londres, sur lequel plane l’ombre de l’offensive lancée par Ankara en Syrie contre les YPG, malgré l’opposition de ses alliés.

Interrogé sur le blocage du plan de l’OTAN lors d’une conférence de presse à Ankara avant de prendre l’avion pour se rendre au sommet, Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la position de la Turquie ne bougerait pas. «Si ce sujet est mis sur la table [au sommet de l’OTAN], alors notre attitude sera la même, rien n’a changé», a déclaré le président turc.

Il a en outre fait savoir qu’il avait eu un entretien téléphonique avec son homologue polonais Andrzej Duda, le 2 décembre, au soir et que ce dernier lui avait proposé de se réunir en marge du sommet de l’OTAN, avec les dirigeants des trois pays baltes : Estonie, Lettonie et Lituanie. «Je lui ai dit que cela me ferait très plaisir. Mais si nos amis de l’OTAN refusent de reconnaître [les YPG] comme une organisation terroriste […], alors désolé, mais nous nous opposerons à toutes les mesures qui voudront être prises», a-t-il mis en garde.

La Turquie a lancé en octobre une offensive dans le nord-est de la Syrie contre les YPG, un groupe qu’elle qualifie de «terroriste», mais que les pays occidentaux soutiennent dans la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique. Les relations entre Ankara et ses alliés de l’OTAN se sont tendues ces derniers mois en raison de l’offensive en Syrie, et l’achat par la Turquie de systèmes de défense russes.