La chasse à la burqa a commencé en Suisse

burqa suisse amendesDepuis ce vendredi 1er juillet, il est officiellement interdit de dissimuler son visage dans l’espace public au Tessin en Suisse. Une représentante du Conseil central islamique suisse a été la première à être punie.

Coup de provoc, vendredi à Locarno (TI). Le jour même où la nouvelle loi, qui interdit de fait le port de la burqa, est entrée en vigueur, le Conseil central islamique suisse (CCIS) a tenu une conférence de presse pour la dénoncer. Une de ses représentantes, Nora Illi, est sortie couverte de la tête aux pieds à l’issue de celle-ci.

La police n’a pas hésité; elle a appliqué la règle à la lettre et dressé une amende, dont le montant n’est pas connu. La loi prévoit des prunes allant de 100 à 1000 francs. Le CCIS a annoncé sa volonté de contester la punition devant la justice.

A noter que Nora Illi était accompagnée par l’homme d’affaires et politicien algérien Nachid Nekkaz. Ce dernier, à l’image de ce qu’il fait en France et en Belgique, a annoncé qu’il comptait payer toutes les amendes qui seraient dressées au Tessin.

Rappelons que le canton du Tessin en Suisse a adopté , en novembre 2015 , une loi sanctionnant le port du voile intégral ( burqa ou niqab )dans tous les lieux publics, y compris dans les magasins, les restaurants et même au volant de sa voiture.

Le parlement du canton du Tessin au Sud du pays, a approuvé la loi lundi dernier 23 octobre. Cette dernière interdit totalement le port du voile intégral dans les lieux publics.

Porter la burqa dans un restaurant, un magasin et même au volant de sa voiture constitue désormais de fait une infraction pénale dans cette région italophone de la Suisse où les femmes contrevenant à la règle seront sanctionnées par une amende pouvant s’élever jusqu’à 10 000 euros ( environ 21 600 dinars tunisiens ).

Cette règle est également valable pour les touristes qui devront se conformer à la loi du canton. En revanche, d’autres manières de se couvrir le visage, telles que le port d’une cagoule ou d’un masque resteront autorisées.

Cette mesure a été adoptée à la suite des attentats de Paris le 13 novembre dernier et plus généralement en vue de la menace terroriste accrue dans toute l’Europe.

Concrètement, la loi, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet 2016, interdira de se couvrir le visage dans l’espace public du canton. Elle visera toutefois spécifiquement le port du voile intégral (niqab ou burqa). Le canton du Tessin compte 350.000 habitants, dont environ 2% de musulmans.

Alors que près de 40 000 visiteurs en provenance du Moyen-Orient se sont rendus au Tessin en 2014, des messages d’information seront diffusés dans les gares et aéroports, la loi s’appliquant sans distinction aux touristes.

Cette loi s’inspire de celle sur le voile intégral en France, que la Cour européenne des droits de l’Homme avait validée en juillet 2014.

C’est une votation qui a fait parler d’elle bien au-delà des frontières nationales: le 22 septembre 2013, 65,4% des citoyens tessinois ont dit «oui» à une initiative populaire qui prévoit d’introduire l’interdiction de se dissimuler le visage dans la Constitution cantonale. Une première en Suisse.
Cette semaine, le parlement tessinois a adopté la loi d’application de cette norme constitutionnelle dite «anti-burqa». Elle prévoit l’obligation de montrer son visage dans l’espace public, considérant qu’il s’agit d’un principe de liberté dans une société ouverte. Le niqab et la burqa ne sont pas mentionnés explicitement, mais sont tous deux clairement visés par la loi.

Près des deux tiers des électeurs du canton avaient voté en faveur de cette interdiction lors d’un référendum en Septembre 2013 avant que la mesure ne soit approuvée par le Parlement, rapporte l’agence Reuters.

Le vote avait été lancé par le biais de la démocratie directe, pratique courante en Suisse et qui permet à des propositions d’être soumises au public si elle récoltent suffisamment de signatures.

L’initiative a été lancée en 2013 par un ancien journaliste Giorgio Ghiringhelli, qui a lui-même rédigé la proposition. Pour lui, l’adoption de cette loi constitue un message aux «islamistes fondamentalistes» présents sur le canton du Tessin, mais aussi dans toute la Suisse.

Interrogé par le site ilgustafeste.ch, l’homme a assuré que le canton accueillerait «à bras ouverts et sans distinction de religion tous ceux qui souhaitent s’intégrer», ajoutant que «ceux qui rebutent [nos] valeurs et tentent de construire une société parallèle basée sur des lois religieuses, au sein même de la société suisse» ne sont, eux, pas les bienvenus.

Source : 20min.ch et agences