Algérie : Ouverture du premier procès d’ex-dirigeants et d’hommes d’affaires accusés de corruption

Le tribunal de Sidi M’hamed (Alger) a entamé, mercredi, le procès d’anciens responsables et d’hommes d’affaires accusés dans des affaires de corruption.

Ces responsables dont les deux anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que d’anciens ministres et hommes d’affaires, sont poursuivis pour « dilapidation de deniers publics, abus de fonction et octroi d’indus avantages à autrui », notamment dans l’affaire relative au montage de véhicules.

A l’ouverture de cette audience publique, le juge a indiqué que « trois dossiers ont été fusionné en un », tandis que le collectif de défense a estimé que « l’élément matériel pour le déroulement du procès n’est pas établi ».

Ce procès prévu initialement, lundi, a été reporté, vu que « les conditions nécessaires au procès n’étaient pas réunies », selon le collectif de défense des prévenus.

Pour rappel, le juge enquêteur près la Cour suprême avait ordonné, juillet dernier, le placement de Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, à la prison d’El-Harrach, après avoir été auditionnés.

En application des dispositions de l’article 573 du code de procédure pénale, le parquet général près la Cour d’Alger avait transmis, fin mai dernier, au procureur général près la Cour suprême, le dossier d’enquête préliminaire instruite par la Police judiciaire de la Gendarmerie nationale d’Alger, pour des faits à caractère pénal, à l’encontre de ces deux mis en cause.

Retrait de plusieurs membres du Collectif de défense

Des membres du Collectif de défense des anciens responsables et hommes d’affaires poursuivis pour dilapidation de deniers publics, abus de fonction et octroi d’indus avantages dans l’affaire de montage automobile, se sont retirés du procès public qui a repris mercredi après-midi au Tribunal de Sid M’hamed (Alger), dénonçant « des conditions inadaptées » au déroulement du procès.

S’exprimant lors d’un point de presse en marge de l’audience, le bâtonnier de Blida, Me Abdelaziz Medjdouba a fustigé « un climat et des conditions défavorables et une mauvaise organisation » de cette audience.

Pour sa part, l’avocat Boumehdi Kamel a estimé que le procès « s’est transformé en une audience d’audition portant atteinte aux accusés » évoquant un procès « politique et expéditif ».

Il a ajouté s’attendre à « de lourdes peines à l’encontre des accusés ».

L’audience de l’après-midi avait débuté par l’interrogatoire de l’ancien ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi suivi de l’ancienne Secrétaire générale du ministère de l’Industrie, Rabiaa Kherfi, auditionnée en tant que témoin.

Le juge a interrogé en outre les anciens ministres Abdelghani Zaalane et Mahdjoub Bedda ainsi que l’accusée non détenue Yamina Zerhouni et nombre de cadres du ministère de l’Industrie.

Le procès avait débuté la matinée, par l’audition de l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, auquel le juge ayant posé une série de questions relatives, notamment aux raisons et motifs du choix de certains opérateurs en particulier dans l’affaire du montage de véhicules.

En réponse, Ouyahia a demandé l’application de l’article 177 de la Constitution, stipulant « l’institution d’une haute Cour de l’Etat pour connaître des actes pouvant êtres qualifiés de haute trahison du président de la République, des crimes et délits du Premier ministre, commis dans l’exercice de leur fonction », une requête rejetée par le procureur de la République.

Par la suite le juge avait procédé à l’interrogatoire de l’ex Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a fait prévaloir sa défense, laquelle s’est retirée de l’audience, arguant « l’absence des conditions nécessaires au déroulement du procès ».

Source : APS

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