La flambée des prix inquiète les tunisiens

A environ deux mois du mois de Ramadan, les tunisiens ne cessent d’afficher de sérieuses craintes quant à la flambée des prix observée du côté de plusieurs produits de consommation ce qui est de nature à affecter leurs « porte-monnaie » journaliers.

Cette question semble être l’une des priorités de l’actuel gouvernement de Hamadi Jebali (Premier ministre) qui considère la guerre contre la hausse des prix comme troisième priorité de son plan d’action 2012 après la lutte contre le déséquilibre régional et la « lutte contre le chômage.

Lors d’une récente séance parlementaire plénière dédiée à la présentation de ce plan d’action, M.Jebali a promis de lancer une « guerre sans merci » contre la hausse « atroce » des prix notamment des hydrocarbures et des produits alimentaires « pour les ramener à des niveaux raisonnables avant le mois béni de Ramadan soit avant le mois d’août », comme l’a indiqué M. Jebali dans une déclaration après100 jours depuis son ascension au pouvoir en Tunisie.

La lutte contre ce phénomène (hausse des prix) a également fait l’objet de certains débats à l’Assemblée constituante où des députés ont proposé la mise en place d’une « commission constituante » chargée de ce dossier.

Le chef du gouvernement tunisien a annoncé, dans ce sens, qu’à partie de 2 mai 2012, des prix de certains produits alimentaires seront fixés par l’Etat outre le renforcement du contrôle des prix à travers quatre commissions chargées respectivement de la lutte contre la contrebande, du contrôle de l’approvisionnement, du contrôle économique et de la sensibilisation.

Après avoir renforcé le contrôle économique dans certains points de ventes marchés centraux tunisiens, le bilan fait état (entre 22 février jusqu’à maintenant) de 38 112 tentatives de hausse de prix, dont 1 011 seulement en avril 2012, d’après le journal tunisien « Achourouk » (Lever de soleil). D’après M. Jebali, « il existe des réseaux de contrebande essentiellement du côté de la frontière avec la Libye sous forme de convois qui franchissent la frontière en force ». Pour faire face à cette situation les deux autorités (tunisienne et libyenne) ont multiplié les efforts à travers une coopération plus efficace afin d’aboutir à des solutions radicales à ce fléau.

Bien que la Tunisie « accueille 350 mille Libyens, la production tunisienne demeure suffisante pour couvrir les demandes locales. Reste à mettre un terme aux opérations de contrebande, dont les impacts ont dépassé de loin la croissance supplémentaire de production estimée entre 20 et 30% », a déclaré à la presse le ministre tunisien de l’Agriculture Mohamed Ben Salem.

Le gouvernement tunisien ne cesse de prendre des mesures rapides et urgentes pour améliorer le pouvoir d’achat du Tunisien grâce notamment à l’injection de 770 mille dinars (primes, aides sociales ..), toujours d’après M. Ben Salem.

Selon des rapports médiatiques locaux citant des sources compétentes, les opérations « quotidiennes » de contrebande s’ effectuent essentiellement via le point frontalier de RasJédir ( sud-est tunisien). Cette donne a affecté en premier lieu l’indice des prix à la consommation (taux d’inflation) chez les Tunisiens qui a nettement augmenté en début de cette année (quatre premiers mois) pour atteindre 3,1% par rapport à la même période de 2011, toujours selon le journal « Achourouk ».

D’un autre côté, l’indice des prix à la consommation familiale a grimpé jusqu’à fin mars 2012 pour atteindre 5,4% contre 5,7% vers la fin de février 2012 « suite principalement à la hausse des prix particulièrement ceux des produits alimentaires (7,5%) et des légumes (3,3%) », selon l’Institut national de la statistique (INS) en Tunisie.

Malgré leur conscience des efforts déployés par l’Etat en matière de lutte contre la hausse des prix et la promotion du pouvoir d’achat (stockage, subvention, fixation de prix, renforcement du contrôle..), bon nombre de Tunisiens prévoient une situation difficile avec l’approche du mois de Ramadan où la facture des dépenses serait plus lourde.