Qu’est ce que le Terrorisme ?

Abdessalem Laarif

Abdessalem Laarif

Les analyses du terrorisme, en l’occurrence islamique, me donnent parfois froid au dos quand, émanant de hauts responsables politiques et de grands journalistes parmi les plus écoutés, elles font la partie belle à ceux qui s’y adonnent en les affublant ou les gratifiant d’épithètes peu ou prou valorisantes comme intégristes, fondamentalistes, rigoristes, jihadistes et que sais-je encore, ou en rattachant leurs actes odieux à des idéologies ou courants de pensée se réclamant d’une vérité à priori. Ces faiseurs d’opinion, se sont-ils jamais interrogés sur la nature de l’état extatique dans lequel les forfaits sanglants des terroristes sont toujours accomplis ? S’ils l’avaient fait, ils auraient vite compris qu’il ne s’agit pas là de militantisme, faute d’une cause qui en vaille la peine, mais d’une euphorie qui comble, sous l’alibi souvent subconscient de l’idéal proclamé et ainsi imprudemment entretenu par les mass-médias, un vide moral. A cet égard, des esprits égarés, sans foi ni loi, leur doivent beaucoup d’y aller sans gène, allègrement pourrait-on dire.
La criminologie est trop absente du débat.
En marge de l’affaire de Lockerbie, le 13 février 2001, une fois tombé le verdict de la Haute Cour de Justice du Camp de Zeist et sur invitation de mon distingué confrère et excellent ami, Maître B.M. Ferchichi, Directeur du Département de Droit Pénal et de Criminologie à la Faculté de Droit et de Sciences Politiques et Economiques de Tunis, j’ai donné, en l’auguste institution et devant les plus éminents juristes du pays, une conférence ayant pour sujet le terrorisme d’état, sans autre délimitation. On devinera aisément mon embarras d’autant que, ne l’ayant pas préparée comme il se devait, je m’étais trouvé acculé à improviser. Bien m’en a pris si j’en crois les suffrages de mes auditeurs dont l’un, celui de Monsieur le Premier Président de la Cour de Cassation, m’a le plus conforté dans l’idée exprimée en introduction que le terrorisme est pour le crime crapuleux une imposture. Le clou dans cette affaire est que je m’étais aperçu, à peine cinq minutes avant de prendre la parole, que je n’avais pas de définition générale du terrorisme. Je vous livre celle que, dans la panique, j’ai alors furtivement griffonnée sur un bout de papier que j’ai retrouvé aujourd’hui en remettant de l’ordre dans mon bureau :
Le terrorisme est une entreprise criminelle qui consiste à commettre et multiplier des actes de violence afin d’instaurer un climat d’insécurité générale et tenter d’infléchir par leur moyen une préférence politique alternative au pouvoir domestique en place.

Par Abessalem Laarif